De rêver encore

Youssef Nabil I Musée d'Orsay

S’appuyant sur des codes visuels cinématographiques et orientalistes, Nabil construit un monde méditerranéen idéalisé et sans frontières, où des couleurs chaudes et lumineuses et des scènes paisibles suggèrent un Orient sensuel et libéré, affranchi de tout interdit. Ses compositions minimalistes — souvent dominées par des bleus et des blancs — révèlent également des influences symbolistes, tandis que les thèmes récurrents de l’exil, de la renaissance et du rêve traversent l’ensemble de son œuvre. L’exposition se déploie comme un parcours chronologique à travers cinq grandes étapes de la pratique de l’artiste, ponctué de résonances transhistoriques, et s’ouvre sur un ensemble de photographies d’expéditions en Égypte datant du XIXᵉ siècle, qui introduisent une distinction entre la production artistique en Orient et le discours historique de l’orientalisme.

 

De rêver encore dévoile les productions portant sur la jeunesse de l’artiste, puis sa première rencontre avec le musée d’Orsay lors de son premier voyage en France en 1992, troisième temps du parcours mobilisant des figures tutélaires pour lui, telles Pierre Puvis de Chavanne ou Odilon Redon. L’avant-dernière salle est consacrée aux identités croisées représentées par Nabil, deçà et delà la Méditerranée empruntant aux symboles de l’Orient et de l’Occident dans des créations syncrétiques. Enfin, deux vidéos de l’artiste sont projetés dans une salle faisant écho à la passion de l’artiste pour le medium cinématographique.

Mars 5, 2026